Un lanceur ne donne que de la vitesse : tout le reste appartient au projectile. Une bille dure transmet un choc sec et rebondit ; une bille souple s'écrase et répartit son énergie sur une plus grande surface. Entre deux munitions d'un même calibre, l'écart de comportement à l'impact dépasse largement celui qui sépare deux armes.
Le poids commande la trajectoire. Une bille lourde quitte le canon moins vite mais garde mieux sa vitesse et se laisse moins pousser par le vent ; une bille légère file droit sur les premiers mètres puis plonge. À dix mètres l'écart reste discret, à vingt-cinq il décide du groupement.
Dure, souple, poivre ou marquante
La bille dure sert l'entraînement : trajectoire régulière, prix contenu, usure faible du mécanisme. La bille souple est celle de la dissuasion, puisqu'elle s'aplatit au contact. La bille poivre libère un irritant à la rupture, la bille marquante dépose une trace colorée — deux usages où le projectile compte davantage que l'énergie.
Toutes ne passent pas dans toutes les armes. Une bille souple se déforme sous le ressort d'un chargeur trop raide, et une bille poivre ne supporte pas d'être comprimée longtemps. La fiche de la munition précise les mécanismes compatibles.
Conservation
Le caoutchouc vieillit. Une bille restée l'été dans un véhicule durcit, perd sa rondeur et ne la retrouve pas : elle partira de travers ou bloquera l'alimentation. Les munitions se gardent à température stable, à l'abri du soleil, dans leur conditionnement d'origine.
Le gaz suit la même logique. Une cartouche de CO2 entamée se vide lentement, et le froid réduit la pression disponible : la vitesse baisse, le point d'impact descend. Mieux vaut tirer une cartouche entière que l'ouvrir plusieurs fois.