Munitions de Chasse
La grande capacité change le rapport à la munition. Là où un pistolet se vide en six ou huit coups, une arme d'épaule à chargeur long en avale plusieurs dizaines par séance, et l'approvisionnement devient le vrai sujet : on achète les billes au conditionnement, pas à la boîte.
Cette consommation a une conséquence pratique : il faut deux qualités de munition. Une bille d'entraînement, économique, pour travailler la visée et la prise en main ; une bille d'emploi, choisie pour son effet, qui reste dans l'arme au repos. Mélanger les deux fait perdre le réglage, puisqu'elles ne volent pas de la même façon.
Un canon long laisse le gaz pousser plus longtemps : la bille sort plus vite, donc plus tendue, et pardonne mieux une erreur d'estimation de distance. En retour, elle arrive avec davantage d'énergie, ce qui durcit l'impact — un paramètre à garder en tête pour un usage de dissuasion, où l'objectif n'est pas de blesser.
C'est pourquoi le couple canon-bille se choisit ensemble. Une bille très dure dans un canon long produit un projectile rapide et peu déformable ; l'association la plus courante privilégie au contraire une bille souple, qui s'écrase à l'arrivée.
Chaque série vide une cartouche de CO2, et la pression chute avant la fin : les derniers coups partent plus lentement que les premiers. Qui tire beaucoup tient donc une réserve de cartouches, et sait qu'un tir de contrôle en début de séance vaut mieux qu'une confiance aveugle dans le réglage de la veille.
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