Deux motivations conduisent au rechargement, et elles ne mènent pas au même matériel. L'économie suppose du volume et de la cadence ; la recherche de régularité suppose de la mesure et du temps. Mieux vaut savoir laquelle vous anime avant d'acheter.
Le matériel minimum, sans lequel on ne commence pas
Une presse, montée sur un établi solidement fixé. Le modèle monostation suffit largement pour débuter : lent, mais il laisse voir chaque étui, ce qui est précisément ce qu'on veut au début.
Un jeu de matrices au calibre travaillé, livré avec le support d'étui correspondant.
Une balance. C'est le poste sur lequel il ne faut pas transiger : c'est elle qui garantit que la charge de poudre est bien celle qu'on croit.
Un pied à coulisse, pour mesurer la longueur d'étui et la longueur totale de la cartouche.
Un outil de recoupage et de chanfreinage, puisque les étuis s'allongent à chaque tir.
Un manuel de rechargement à jour, qui est le véritable outil de travail : les données de charge n'y sont pas indicatives, elles sont le cadre dans lequel on reste.
Ce que l'on peut différer
Le doseur automatique, le tribofinisseur de nettoyage d'étuis, le comparateur d'ogive et la presse progressive viennent ensuite, quand la pratique est installée et que les besoins se précisent.
Le coût, et le seuil de rentabilité
L'investissement initial se situe, pour un ensemble d'entrée de gamme complet, dans l'ordre de grandeur de quelques centaines d'euros. Un ensemble de qualité intermédiaire double environ ce chiffre.
L'économie par cartouche varie fortement selon le calibre. Elle est modeste sur les munitions courantes produites en grande série, et substantielle sur les calibres rares, les gros calibres et les munitions de précision, où le rapport peut atteindre la moitié du prix du commerce.
Le seuil de rentabilité s'exprime donc en nombre de cartouches, et il est d'autant plus bas que le calibre est cher. Pour un tireur occasionnel en calibre courant, le rechargement ne se justifie pas par l'économie — il se justifie par autre chose.
Ce qui motive vraiment ceux qui s'y tiennent
La régularité arrive en tête. Une munition rechargée avec soin, sur des étuis triés et une charge pesée, donne une dispersion de vitesse inférieure à beaucoup de productions commerciales.
L'ajustement à l'arme suit : la position de l'ogive par rapport aux rayures se règle au millimètre, ce qu'aucune munition du commerce ne permet.
La disponibilité compte enfin, et davantage qu'autrefois : recharger permet de tirer un calibre ancien ou rare que plus personne ne produit, et de ne pas dépendre des ruptures d'approvisionnement.
Les règles qui ne se discutent pas
Une seule poudre ouverte sur l'établi à la fois, remise dans son contenant d'origine dès la fin de la série. Un doseur laissé plein est un doute permanent sur son contenu.
Les charges se relèvent dans les tables du fabricant de la poudre, jamais par transposition d'une poudre voisine ou d'un souvenir. On part de la charge minimale et l'on progresse par paliers, en contrôlant les signes de pression sur les étuis.
Le contrôle visuel du lot entier avant la mise en place des ogives est le geste qui prévient l'accident majeur : un portoir permet de voir, d'un coup d'œil, un étui vide ou doublement chargé.
Chaque lot produit reçoit une étiquette portant calibre, poudre, charge, ogive, amorce et date. Une boîte non étiquetée ne se tire pas.
Stockage et cadre applicable
Les poudres et les amorces relèvent de règles de détention, de quantité et de stockage qui varient selon les pays, et leur acheminement fait l'objet de restrictions propres. Le cadre applicable se vérifie avant de constituer un stock.
Sur le plan pratique, le local doit être sec, tempéré et à l'écart de toute source de chaleur, les amorces conservées dans leur emballage d'origine et jamais en vrac.
Notre rayon Lee Precision couvre l'essentiel du matériel évoqué ici, de la presse au petit outillage.