Les fabricants publient des données chiffrées pour chaque chargement. Elles permettent de comparer, à condition de savoir dans quelles conditions elles ont été mesurées et ce qu'elles ne décrivent pas.
La vitesse initiale, mesurée sur un canon qui n'est pas le vôtre
La vitesse annoncée est relevée à la sortie du canon, sur une arme d'essai dont la longueur est précisée en petits caractères — souvent 60 centimètres.
Un canon plus court donne une vitesse inférieure, dans un ordre de grandeur de quelques mètres par seconde par centimètre manquant. Sur une arme de battue à canon court, l'écart avec la valeur publiée atteint facilement plusieurs dizaines de mètres par seconde.
La température intervient aussi : une même cartouche tirée à trente degrés développe une vitesse supérieure à la même tirée à zéro, la poudre brûlant différemment.
L'énergie, un calcul et non une mesure
L'énergie exprimée en joules se déduit de la masse et de la vitesse : elle n'est pas mesurée directement. Comme la vitesse intervient au carré, une petite erreur sur celle-ci se traduit par un écart notable sur l'énergie affichée.
Elle décrit la quantité de travail que le projectile peut fournir, pas ce qu'il fait réellement à l'arrivée. Un projectile qui traverse sans se déformer restitue une fraction de cette énergie ; un projectile qui s'expanse en restitue beaucoup plus.
C'est pourquoi deux chargements de même énergie à cent mètres n'ont pas le même effet, et pourquoi la construction de l'ogive compte davantage que le chiffre annoncé.
Le coefficient balistique, le chiffre le plus utile
Ce nombre, souvent noté de façon discrète, mesure la capacité du projectile à conserver sa vitesse. Plus il est élevé, moins l'air freine.
Son effet se voit à distance : deux projectiles partant à la même vitesse mais de coefficients différents arrivent à trois cents mètres avec des vitesses très écartées, donc des chutes différentes.
Il explique aussi la dérive au vent, qui surprend plus de tireurs que la chute : un coefficient faible se laisse déporter dans des proportions considérables par un vent de travers modéré.
Une réserve
Le coefficient varie avec la vitesse et selon le modèle de calcul employé. Deux fabricants peuvent publier des valeurs non comparables pour des projectiles voisins.
Ce que les chiffres ne disent pas
La dispersion ne figure jamais sur une boîte, et c'est pourtant la donnée qui décide de la précision. Un chargement régulier en vitesse groupe mieux qu'un chargement plus puissant mais irrégulier.
Le comportement de l'ogive à l'impact — expansion, tenue de masse, pénétration — ne se lit pas non plus, alors qu'il détermine l'effet sur le gibier.
L'accord avec votre canon, enfin, échappe à toute publication : deux chargements aux données identiques peuvent donner des groupements du simple au double sur la même arme.
La seule démarche qui tranche
Les chiffres servent à réduire le champ des possibles ; la cible tranche. Trois chargements présélectionnés sur les données, tirés en groupements de trois à la distance réellement pratiquée, donnent une réponse que les tables ne donneront jamais.
Le lot retenu se note et se rachète à l'identique, la fabrication variant légèrement d'une série à l'autre. Notre rayon munitions à percussion centrale précise ces données par référence.