Sur un fusil de chasse, deux longueurs se rencontrent : celle de la chambre, usinée dans le canon, et celle de la douille de la cartouche. La première est fixe, la seconde varie selon les munitions. Leur rapport n'est pas une question de confort : il gouverne la pression développée au départ du coup.
Ce que fait réellement la douille au moment du tir
Une cartouche neuve est plus courte que la mesure indiquée sur sa boîte. Une cartouche dite de 70 mm en mesure environ 60 fermée : le chiffre annoncé correspond à sa longueur une fois ouverte, sertissage déplié, au moment où la charge quitte la douille.
Cette ouverture réclame de la place. La chambre la lui fournit, puis le cône de raccordement guide la charge vers le canon. Si la douille dépliée est plus longue que la chambre, le sertissage vient buter contre le début du cône au lieu de s'ouvrir librement.
La charge doit alors forcer un passage rétréci. La pression grimpe dans des proportions qui dépassent ce pour quoi l'arme a été éprouvée, et cela se produit alors que rien, à la fermeture, n'avait paru anormal : la cartouche entre parfaitement dans la chambre puisqu'elle est plus courte fermée.
Où lire l'information
La longueur de chambre est gravée sur le canon, le plus souvent sur la face inférieure ou sur le côté, près de la bascule. Elle se présente sous la forme d'un calibre suivi d'une longueur : 12/70, 12/76, 20/70, 16/65.
À côté figurent les poinçons du banc d'épreuve, qui attestent la pression à laquelle l'arme a été essayée, ainsi que le pays et l'année d'épreuve. Sur les armes récentes, une mention de pression maximale admissible peut compléter l'ensemble.
Un canon dont les gravures sont illisibles ou absentes ne se devine pas : la mesure se fait par un armurier, avec une jauge de chambre. Elle prend quelques minutes.
Le cas des armes anciennes
Beaucoup de juxtaposés et de superposés français, belges ou italiens fabriqués avant les années soixante-dix sont chambrés en 65 mm. C'est une longueur qui a pratiquement disparu de la production de cartouches courante, ce qui crée une situation piégeuse.
Le chasseur trouve en rayon des cartouches de 70, qui entrent sans difficulté dans sa chambre de 65. Rien ne s'oppose à la fermeture, et l'arme tire. La pression développée dépasse pourtant celle pour laquelle ces canons, souvent minces, ont été éprouvés.
Le 16 concentre ce problème : c'est le calibre où la proportion d'armes anciennes en service est la plus forte. Des cartouches de 65 mm existent toujours, en gamme restreinte, et se commandent à l'avance.
Rallonger une chambre : une fausse bonne idée
Un armurier peut techniquement allonger une chambre de 65 à 70 mm. L'opération retire de la matière à un endroit où le canon est déjà mince, et modifie l'arme au-delà de son épreuve initiale. Elle n'est acceptable qu'après examen des épaisseurs de canon, et jamais sur une arme de valeur ou ancienne dont elle détruirait l'authenticité.
Magnum : une longueur, pas une puissance
Le terme désigne dans l'usage courant une cartouche chargée lourd, mais l'indication qui compte reste la longueur : une douille de 76 ou de 89 mm demande une chambre de la dimension correspondante.
L'inverse est en revanche sans danger : une cartouche plus courte que la chambre se tire sans difficulté. Une cartouche de 65 dans une chambre de 76 fonctionne parfaitement, avec une légère perte de pression au raccordement sans conséquence pratique.
La règle tient donc en une phrase : la douille peut être plus courte que la chambre, jamais plus longue. Nos cartouches pour fusils de chasse portent cette longueur sur chaque boîte.
Le calibre 20 et le risque du mélange
Un autre incident, indépendant de la longueur, mérite d'être connu de qui possède un 12 et un 20.
Une cartouche de calibre 20 engagée par erreur dans un canon de 12 ne tombe pas au sol : elle descend jusqu'au cône de raccordement et s'y bloque, sans obturer. Le tireur, ne sentant rien, introduit une cartouche de 12 derrière elle et tire. Le canon éclate à cet endroit.
C'est pour cette raison que les douilles de calibre 20 sont, par convention internationale, de couleur jaune. La précaution pratique reste de ne jamais transporter deux calibres mélangés dans la même poche.
En pratique
Avant d'acheter une boîte, trois informations suffisent : le calibre de l'arme, la longueur gravée sur son canon, et la même longueur lue sur la boîte. Cette vérification prend dix secondes et vaut pour toute la durée de vie de l'arme.
Elle se double, sur une arme d'occasion ou héritée, d'un passage chez un armurier pour un contrôle des canons et de l'ajustage — dépense modeste au regard de ce qu'elle couvre. Notre rayon munitions indique pour chaque référence le calibre et la longueur de douille.